le tour de France et Nantes de 1910 à 1939

Le Tour de France cycliste ne passe pas par Nantes de 1910 à 1932

Période 1910 – 1932

 Le Tour de France (qui n’a pas eu lieu de 1915 à 1918) ne reviendra à Nantes qu’en 1932. Pourquoi cette absence pendant 22 ans? Deux raisons, tout d’abord, la traversée de Nantes pose des problèmes de sécurité et de circulation qui irritent les autorités locales. Et surtout, les ports et stations balnéaires (Les Sables d’Olonne, La Rochelle, Royan) situés entre Nantes et Bordeaux souhaitaient se faire connaître et offrir une distraction à leur clientèle (à l’époque, huppée) en accueillant le Tour. Si les milieux chics n’ont d’abord porté d’intérêt qu’au cyclisme sur piste, leur opinion s’est progressivement modifiée devant le succès du Tour. Il faut ajouter que le Tour, durant cet intermède de 18 éditions, traverse tout de même Nantes chaque année. Bizarre ! Et les problèmes de circulation ? En 1924, la traversée de Nantes se fait dans des conditions particulières. En raison de l’effondrement du pont de Pirmil, les coureurs franchissent la Loire sur un pont de bateaux. Le « Miroir des Sports » relatera ainsi cet épisode : « … Les géants défilèrent comme des soldats en rang, beaux sous leur poussière et leur sueur et dignes… ». Pourtant, les photos de l’époque montrent des coureurs hilares et décontractés.

1932

2e  étape : Caen-Nantes

7 Juillet

Kurt Stoepel (au sprint)             

L’arrivée a lieu sur le vélodrome Petit-Breton, équipement créé en 1924 (belle piste en ciment de 500 m). On célèbre le 50ème anniversaire de la naissance de Lucien Petit-Breton, tué au front en 1917. Au pied du monument élevé à sa mémoire au vélodrome, les coureurs déposent une gerbe. Les membres de l’équipe d’Allemagne (dont le vainqueur Kurt Stoepel), qui ne font l’objet d’aucune hostilité de la part du public, se joignent à la cérémonie. Henri Desgranges, directeur du Tour logé au Central Hôtel, et vêtu comme toujours avec recherche, donne une grande importance à la cérémonie. Dans les colonnes du « Phare de la Loire », il complimente le comité local d’organisation et le public nantais… et reste mystérieux sur la longue infidélité du Tour. Le Tour se dirige vers Bordeaux, après la journée de repos. Les opérations de départ ont lieu place Royale de 2 heures à 4 heures du matin. Le chroniqueur local du « Phare de la Loire », M.Japhet, qui n’aime guère le Tour, s’étonne de l’enthousiasme du public.

1934

21e  étape : La Roche-sur-Yon – Nantes

27 juillet

Antonin Magne (qui sera 25 ans plus tard, le directeur sportif de Raymond Poulidor)

Malgré la promesse faite en 1932 par M. Desgranges, le Tour, qui a ignoré Nantes en 1933, ne revient qu’en 1934. Cette 21e étape (sur 23) est scindée en 2 portions dont un contre-la -montre « La Roche-sur-Yon – Nantes » sur 80 km. Arrivée au vélodrome. Le public a son préféré : René Vietto,  » roi de la montagne et de la malchance ». Après les opérations de contrôle devant le Continental, le départ, le lendemain, a lieu au Pont-du-Cens, direction Caen.

1935

26 Juillet

15e  étape : La Roche-sur-Yon -Nantes

Formation nationale Belge (Jean Aerts franchit la ligne en premier).

Cette étape est un contre-la-montre par équipes sur 90 km.  Par très beau temps,le vélodrome est noir de monde. Spectateurs en casquette ou chapeau mou se pressent en rangs serrés. La presse locale s’étonne de la tenue vestimentaire et particulièrement du laisser-aller de certains suiveurs du Tour ! Au moment du passage du Tour, se tient à Nantes « le Congrès National pour l’Avancement des Sciences ». Les coureurs repartent, le lendemain, pour Vire (220 km) à 6 heures du matin.

1938

3e  étape Saint-Brieuc Nantes
Gerit Schulte

Arrivée sous la pluie au vélodrome. Un temps de classique flandrienne qui convient au batave. Schulte est détaché, ce qui évite un sprint périlleux pour la première place. Les coureurs se rendent ensuite place de la Bourse où leur sont remis leurs billets de logement (!). Très nombreux public.
Malgré la pluie, la réunion d’attente a pu avoir lieu. Parmi les engagés, on relève le nom d’un jeune plein d’avenir : Georges Bautru.

1939

14 Juillet
4e  étape:  Lorient – Nantes 
Amédée Fournier, le favori du public (au sprint)

Une fois encore, ce n’est pas le Tour de la France puisque le quart Nord – Nord-Est setrouve délaissé. Prémonition ? A cinq semaines près, il aurait fallu interrompre la course du fait de la déclaration de guerre. Arrivée au vélodrome où le public acclame René Vietto, porteur du maillot jaune. Plusieurs feux d’artifice sont tirés pour la Fête Nationale, qui ne semblent pas avoir troublé le sommeil des coureurs. Caserne Gouzé est présentée une auto-pompe destinée à la Défense Passive. Un arbre de la Liberté est planté au parc de Procé sur initiative de la FAL et de la Ligue des Droits de l’Homme. Le Tour quittera la Place Royale et le Continental le lendemain à 8 heures, avec une demi-heure d’avance. Pas contents les spectateurs retardataires ! Destination Royan.

merci à http://www.nantes.fr/pid/83 le site de la ville de Nantes

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